🎯 À qui s'adresse cet article

Cet article s'adresse à toute personne observant une chute progressive et en schéma défini — tempes, vertex — et souhaitant comprendre le mécanisme hormonal avant de consulter. Il est également utile aux proches souhaitant mieux comprendre ce processus.

Questions fréquentes
Non. La DHT est responsable de l'alopécie androgénétique — qui suit un schéma progressif défini. Mais d'autres formes de chute existent : l'effluvium télogène (chute diffuse après un choc, une grossesse ou un stress intense), l'alopécie areata (maladie auto-immune), les alopécies de traction, les alopécies cicatricielles. Un dermatologue ou trichologue peut différencier ces causes lors d'une consultation.
C'est une question à poser à un médecin. Le finastéride peut affecter la qualité du sperme chez certains hommes, mais cet effet est généralement réversible à l'arrêt. Pour les femmes, le finastéride est formellement contre-indiqué pendant la grossesse — il peut provoquer des malformations du fœtus masculin. Une contraception efficace est indispensable si une femme le prend dans le cadre d'une prescription hors-AMM.
Oui. L'alopécie androgénétique féminine existe — elle est fréquente après la ménopause. Elle se présente différemment : éclaircissement diffus du sommet du crâne selon le schéma de Ludwig, plutôt que calvitie en plaque. Le mécanisme hormonal est similaire, mais les niveaux de DHT restent plus bas que chez l'homme. D'autres hormones — œstrogènes, prolactine — jouent un rôle modulateur important.
La stabilisation de la chute se voit généralement après 3 à 6 mois de traitement continu. Une repousse visible sur les zones touchées demande en général 12 mois. L'efficacité maximale est observée après 2 ans. L'arrêt provoque une reprise progressive de la chute dans les 6 à 12 mois, car la sensibilité génétique à la DHT reste inchangée.
Certains extraits végétaux freinent la 5-alpha-réductase, l'enzyme qui fabrique la DHT — mais avec des niveaux de preuve très inégaux. Les mieux documentés sont l'huile de pépins de courge par voie orale (un essai contrôlé et une méta-analyse indépendante montrent une repousse mesurable) et le palmier nain (Serenoa repens), qui ralentit la chute avec une bonne tolérance. D'autres pistes — ortie racine, bêta-sitostérol, zinc — reposent surtout sur des données de laboratoire et restent à confirmer chez l'humain.

En résumé — ce qu'il faut retenir

La DHT est le principal moteur de la calvitie commune : chez les personnes génétiquement sensibles, elle rétrécit peu à peu les follicules, dont les cheveux deviennent de plus en plus fins jusqu'au duvet. Deux stratégies sont réellement prouvées — freiner la DHT, ou stimuler le follicule.

  • La DHT (dihydrotestostérone) est une hormone dérivée de la testostérone, 2 à 5 fois plus puissante qu'elle
  • Elle est produite par une enzyme appelée 5-alpha-réductase, présente dans la peau du cuir chevelu
  • En se fixant sur des follicules génétiquement sensibles, la DHT déclenche une miniaturisation progressive
  • Les follicules concernés produisent des cheveux de plus en plus fins, jusqu'à disparaître
  • Seuls deux médicaments sont approuvés : le finastéride (oral) et le minoxidil (topique ou oral)
  • La DHT n'est pas le seul facteur : génétique, inflammation et vascularisation jouent aussi un rôle

Qu'est-ce que la DHT ?

La dihydrotestostérone — DHT — est une hormone sexuelle présente chez les deux sexes, mais à des concentrations très différentes. Elle dérive directement de la testostérone : une enzyme la convertit dans certains tissus, dont la peau du cuir chevelu.

Ce qui la rend particulièrement puissante : elle se fixe 2 à 5 fois plus solidement que la testostérone sur ses récepteurs, et son action est environ 10 fois plus intense. Elle joue un rôle essentiel dans le développement des caractères sexuels masculins — mais c'est aussi elle qui, chez les individus génétiquement prédisposés, déclenche la chute progressive et localisée des cheveux.

2–5×
Affinité supérieure de la DHT pour les récepteurs androgéniques
50%
Des hommes de 50 ans présentent une alopécie androgénétique visible
80%
Des calvities masculines ont une composante génétique documentée

L'alopécie androgénétique (AGA) est la forme de chute de cheveux la plus répandue au monde. Elle concerne aussi les femmes — notamment après la ménopause lorsque la protection hormonale diminue — mais son expression est différente : chez la femme, elle se manifeste par un éclaircissement diffus du sommet du crâne plutôt que par une calvitie en plaque.

La 5-alpha-réductase : la clé de la transformation

La testostérone circule dans le sang sans provoquer directement la chute des cheveux. C'est au contact d'une enzyme — la 5-alpha-réductase — qu'elle se transforme en DHT. Cette enzyme est présente dans la peau du cuir chevelu des zones sensibles (vertex, tempes frontales), et c'est là que la conversion est la plus active.

Il en existe deux types. Le type 1 se trouve dans les glandes sébacées et la peau en général. Le type 2, le plus impliqué dans la calvitie, est concentré dans les follicules pileux. C'est précisément le type 2 que cible le finastéride — le médicament anti-chute le plus documenté. Le dutastéride, plus récent, bloque les deux types simultanément, ce qui explique son efficacité légèrement supérieure.

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Point scientifique — gradient enzymatique dans le scalp

La concentration de 5-alpha-réductase varie d'une zone à l'autre du cuir chevelu : elle est plus élevée dans les zones frontales et du vertex que dans les zones occipitales. Ce gradient explique le schéma caractéristique de la calvitie — et pourquoi les greffes capillaires prélèvent des follicules dans les zones occipitales, naturellement moins sensibles à la DHT.

Schéma : du follicule sain au follicule miniaturisé

Étape 1
Testostérone
Hormone circulante dans le sang
Étape 2
5α-Réductase
Enzyme présente dans le follicule
Étape 3
DHT + récepteur AR
Liaison dans la papille dermique
Résultat
Miniaturisation
Réduction progressive sur des années
CYCLE 1CYCLE 2 CYCLE 3CYCLE 4 PEAU DERME réversible SI LE FOLLICULE EST ENCORE VIVANT DHT
Cycle 1
Sain
Follicule profond, cheveu terminal épais et pigmenté, phase anagène longue.
Cycle 2
Amincissement
Phase anagène raccourcie, diamètre réduit, premières DHT en action.
Cycle 3
Miniaturisation
Bulbe remonté vers la surface, pigmentation et densité en baisse marquée.
Cycle 4
Duvet
Cheveu vellus très fin et court, dépigmenté — follicule pourtant toujours vivant.
Chaque cycle capillaire, sous l'effet de la DHT, le follicule produit un cheveu plus court et plus fin. Le processus est réversible si le follicule est encore vivant.

Comment la DHT détruit le follicule pas à pas

La DHT n'agit pas brutalement. Elle opère sur des années, par un mécanisme progressif qu'on appelle la miniaturisation folliculaire. Voici comment ça se déroule.

La fixation sur les récepteurs androgéniques

Chaque follicule possède des récepteurs androgéniques dans sa papille dermique. Chez les individus génétiquement prédisposés, ces récepteurs sont plus nombreux et plus sensibles. Quand la DHT s'y fixe, elle déclenche une cascade de signaux qui modifient le comportement du follicule : il commence à inhiber sa propre croissance.

Un point souvent mal compris : la DHT ne s'attaque pas directement à la « machine à fabriquer le cheveu ». Elle vise la papille dermique — le poste de commandement du follicule, la seule partie vraiment couverte de récepteurs. Une fois détournée, cette papille cesse d'envoyer ses signaux de croissance et se met à envoyer des signaux de frein. Les cellules souches du cheveu, elles, n'ont presque pas de récepteurs : la DHT ne les tue pas directement, elle les prive des bons ordres. Elles se mettent alors « en veille ». La nuance est décisive : un follicule endormi n'est pas un follicule mort — et c'est précisément ce qui laisse une fenêtre aux traitements tant que la papille n'a pas totalement décroché.

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Pour les curieux — comment la papille « bascule »

En temps normal, la papille dermique produit un cocktail qui fait pousser le cheveu : des facteurs de croissance (VEGF, IGF-1) et un signal de démarrage appelé Wnt. Sous l'effet de la DHT, ce cocktail s'inverse — les signaux de pousse baissent, et des signaux de frein prennent le dessus (DKK-1, TGF-β1). Une synthèse scientifique de 2026 regroupant 43 études décrit précisément ce basculement : la papille passe d'un « centre de croissance » à une « source de signaux inhibiteurs », et cela suffit à enclencher la miniaturisation.

Le raccourcissement de la phase anagène

Sous l'effet de la DHT, le follicule produit des signaux qui freinent sa propre croissance. Résultat : la phase anagène se raccourcit à chaque cycle. Le cheveu n'a plus le temps de pousser normalement. Il sort plus court, puis encore plus court au cycle suivant.

La conversion terminal → vellusien

Au bout de plusieurs années, les cheveux terminaux — épais, pigmentés, visibles — se transforment en poils vellusiens : minuscules, quasi-transparents, sans pigment. C'est ce qu'on appelle la conversion terminal-vellusien. Dans les stades avancés, même ces poils vellusiens finissent par disparaître.

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La fenêtre d'action — agir avant la disparition complète

Un follicule miniaturisé mais encore présent peut encore répondre à un traitement. Un follicule totalement disparu — remplacé par du tissu cicatriciel — ne peut pas se récupérer par un soin topique ou oral. C'est pourquoi agir tôt, dès les premiers signes, fait une vraie différence sur l'issue à long terme.

L'inflammation périfolliculaire

Des recherches récentes montrent qu'une micro-inflammation autour du follicule accompagne systématiquement la miniaturisation dans l'AGA. Cette inflammation n'est pas seulement une conséquence — elle pourrait aussi accélérer le processus. C'est l'une des pistes les plus actives pour de nouveaux traitements ciblés.

La dimension génétique

Tous les hommes produisent de la DHT. Tous n'ont pas les mêmes cheveux. La différence tient à la sensibilité des récepteurs androgéniques du follicule — largement déterminée génétiquement.

Le gène du récepteur androgénique (AR) est porté par le chromosome X — celui qu'on hérite de sa mère. C'est pour cette raison que la calvitie du côté maternel est souvent évoquée comme indicateur. Mais la réalité génétique est plus complexe : des dizaines de gènes sont impliqués, répartis sur plusieurs chromosomes. On hérite d'une prédisposition, pas d'une certitude.

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Mythe — "la calvitie vient de la mère"

L'idée selon laquelle la calvitie "vient du côté maternel" est une simplification. La transmission est polygénique — impliquant de nombreux gènes à la fois. Avoir un père ou un grand-père chauve augmente statistiquement la probabilité, quelle que soit la lignée. Aucun parent unique ne "donne" la calvitie.

Cette sensibilité génétique explique aussi le schéma spatial de la chute : les follicules du vertex et des tempes expriment davantage de récepteurs androgéniques que ceux de l'occiput. Ce n'est pas un hasard si ces zones tombent en premier, ni si les greffes capillaires utilisent spécifiquement les follicules occipitaux, naturellement protégés.

Les traitements disponibles

Le paysage thérapeutique de l'AGA repose sur deux piliers approuvés par les autorités sanitaires — le finastéride et le minoxidil —, et sur plusieurs approches complémentaires dont les niveaux de preuve sont variables. Une méta-analyse en réseau de 2025 confirme leur hiérarchie d'efficacité.

Oral · Prescription
Inhibe la 5-alpha-réductase de type 2. Réduit la DHT dans le scalp d'environ 60–70 %. Autorisé en Europe pour les hommes. Résultats visibles après 3–6 mois d'usage continu. L'arrêt entraîne une reprise de la chute dans l'année.
Autorisé en Europe · Homme
Oral · Prescription
Inhibe les deux types de 5-alpha-réductase. Réduit la DHT d'environ 90 %. Légèrement supérieur au finastéride dans les études comparatives. Autorisé dans plusieurs pays pour l'AGA — utilisé hors-AMM en France.
Hors-AMM en France
Topique / Oral · Sans ordonnance
N'agit pas sur la DHT, mais stimule la vascularisation du follicule et prolonge la phase anagène. Disponible en 2 % et 5 % en lotion topique, et en comprimés (minoxidil oral 0,25–2,5 mg) de plus en plus prescrits en France.
Hommes et femmes
Topique · Actifs sans ordonnance
Trioxidil, caféine, Redensyl®…
Le trioxidil (complexe à base de DHT-bloquants et de stimulants folliculaires) montre des résultats prometteurs en études préliminaires. La caféine topique réduit l'effet de la DHT sur le follicule in vitro. Redensyl® et Procapil® agissent sur la vitalité folliculaire sans action anti-DHT directe.
Cosmétique actif
Compléments alimentaires · Anti-DHT naturels
Palmier nain, ortie, fenugrec, zinc, lycopène…
Plusieurs extraits végétaux présentent une activité anti-5-alpha-réductase documentée en laboratoire. Le palmier nain (Serenoa repens) est le mieux documenté : des études cliniques montrent une réduction de la DHT et un ralentissement de la chute, quoique moins prononcés qu'avec le finastéride. L'ortie racine inhibe partiellement la 5α-réductase. Le fenugrec (riches en saponines stéroïdiennes) et le lycopène (pigment de la tomate) agissent également sur le métabolisme des androgènes. Le zinc joue un rôle co-facteur dans la régulation de la 5α-réductase : une carence aggrave la sensibilité à la DHT. Ces approches ont un rôle de soutien ou de prévention légère — elles ne se substituent pas à un traitement médical dans l'AGA avancée.
Compléments · Preuves modérées
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Consultation médicale indispensable

Le finastéride et le dutastéride sont des médicaments à prescription. Ils peuvent avoir des effets secondaires sur la fonction sexuelle chez une minorité d'hommes, et sont formellement contre-indiqués chez la femme enceinte. Un dermatologue ou trichologue doit évaluer le rapport bénéfice/risque avant toute prescription.

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📚 Que disent les études
Cell Transplant · 2026

Yu S, Ji J, Wu Y et al. — Revue systématique indépendante (43 études précliniques et cliniques) sur le rôle central de la papille dermique dans l'alopécie androgénétique. Établit que ces cellules concentrent les récepteurs aux androgènes et la 5-alpha-réductase, et qu'elles traduisent le signal de la DHT en un basculement de leur sécrétion (baisse des facteurs de croissance, hausse des signaux de frein). Utilisée pour la section sur le mécanisme de miniaturisation.

Cell Transplantation, 2026;35:1-14. doi: 10.1177/09636897261468231. PMID: 42439449.

→ pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42439449
Drugs · 2023

Devjani S, Ezemma O, Kelley KJ, Stratton E, Senna M. — Revue actualisée des traitements de l'AGA. Couvre la pathogenèse androgénique, l'action des inhibiteurs de 5-alpha-réductase, le minoxidil oral, et les thérapies émergentes. Utilisée pour les sections sur les traitements et la physiopathologie.

Drugs, 2023 Jun;83(8):701-715. doi: 10.1007/s40265-023-01880-x. PMID: 37166619. PMC10173235.

→ pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37166619
Dermatol Ther · 2020

Dhurat R, Chitallia J, May TW et al. — Revue comparative des inhibiteurs de la 5-alpha-réductase dans l'AGA. Compare efficacité et profil de sécurité du finastéride (type 2) et du dutastéride (types 1 et 2). Conclut à une légère supériorité du dutastéride avec profil de sécurité comparable. Utilisée pour la section sur l'enzyme et les traitements.

Dermatologic Therapy, 2020 Apr;33(3):e13379. doi: 10.1111/dth.13379. PMID: 32279398.

→ pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32279398
JAAD Int · 2023

Ntshingila S, Oputu O, Arowolo AT, Khumalo NP. — Mise à jour sur la pathogenèse de l'AGA : génétique, métabolisme des androgènes, inflammation, fibrose. Présente les mécanismes au-delà du seul axe DHT/AR, dont le rôle de la micro-inflammation périfolliculaire. Open access. Utilisée pour les sections sur la génétique et l'inflammation.

JAAD International, 2023 Dec;13:150-158. doi: 10.1016/j.jdin.2023.07.005. PMC10562178.

→ pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10562178
Physiol Rev · 2024

Paus R et al. — Revue majeure de la physiologie de l'alopécie androgénétique masculine, publiée dans la revue de référence de l'American Physiological Society. Décrit la miniaturisation comme une transformation d'organe réversible, et nuance le rôle central des androgènes en soulignant la complexité des mécanismes sous-jacents.

Physiological Reviews, 2024. doi: 10.1152/physrev.00005.2024.

→ doi.org/10.1152/physrev.00005.2024
StatPearls · 2024

Ho CH, Sood T, Zito PM. — Référence encyclopédique révisée annuellement sur l'alopécie androgénétique. Couvre l'épidémiologie, la physiopathologie (DHT, 5α-réductase, récepteurs AR), les classifications (Hamilton-Norwood, Ludwig) et les traitements approuvés. Utilisée pour les données épidémiologiques et la section génétique.

StatPearls Publishing, 2024. NCBI Bookshelf NBK430924.

→ ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK430924
Note éditoriale : les 5 études citées couvrent exactement les sujets traités dans cet article (mécanisme DHT/5-alpha-réductase, miniaturisation folliculaire, génétique, inflammation, traitements approuvés). Toutes les références ont été vérifiées sur PubMed. Les articles en open access (PMC) sont accessibles intégralement via les liens ci-dessus.