Questions fréquentes
Si vous en manquez, la corriger aide : dans une étude égyptienne sur quarante femmes en chute diffuse, trois mois de vitamine D ont fait passer le score de chute de 5,5 à 1,75 sur 6. Mais seule, elle ne suffit pas : chez des femmes en chute héréditaire, six mois de vitamine D sans rien d'autre n'ont rien changé — alors qu'ajoutée au minoxidil, elle a fait mieux que le minoxidil seul. La vitamine D répare un manque, elle ne stimule pas la pousse.
Par une prise de sang, le dosage de la 25(OH)D — et c'est le seul moyen. Contrairement à ce qu'on lit souvent, une carence en vitamine D ne donne aucun signe propre : ni sur les cheveux, ni sur les ongles, ni sur la peau. La fatigue ou les douleurs parfois citées sont trop banales pour servir de repère. Environ une personne sur deux qui consulte pour une chute est concernée.
Le lien est le plus net chez elles, oui. Dans les deux grandes synthèses disponibles, c'est la chute féminine qui montre l'écart le plus marqué avec les personnes sans chute : un risque de carence multiplié par quatre à cinq, et un taux inférieur de 13 à 16 ng/mL. La pelade suit de près. Pour la calvitie masculine, les deux synthèses ne concluent pas pareil, et pour la chute diffuse les résultats se contredisent.
Au moins 30 ng/mL, soit 75 nmol/L selon les unités du laboratoire. En dessous de 20 ng/mL, on parle de carence : c'est le seuil qu'utilisent les grandes synthèses. Les laboratoires situent la normale entre 30 et 80 ng/mL, et la toxicité s'observe en général au-delà de 150. Une précision honnête : il n'existe pas de taux optimal démontré pour le cheveu. Les 30 ng/mL sont un repère de laboratoire, pas un objectif capillaire.
C'est déconseillé, et pas seulement par principe. Le risque n'est pas un produit en particulier, c'est l'addition : un complément capillaire, une multivitamine et un flacon de vitamine D pris ensemble. Un cas publié en 2025 décrit une patiente arrivée à 121,8 ng/mL — une fois et demie la limite haute de son laboratoire — sans savoir que son complément capillaire en contenait déjà trois fois l'apport journalier recommandé.
Cela dépend du résultat du dosage, et c'est précisément pourquoi on dose d'abord. En entretien, les doses courantes tournent autour de 1 000 à 2 000 UI par jour, ou l'équivalent en prise hebdomadaire ou mensuelle. À titre de repère, les deux études qui ont mesuré un effet sur le cheveu utilisaient 5 000 UI par jour chez des femmes carencées, avec dosage de départ et de contrôle : c'est une dose de correction, pas d'entretien, et elle relève du médecin. Privilégier la forme D3, mieux utilisée que la D2, et la prendre au cours d'un repas — c'est une vitamine grasse.
Comptez trois mois pour remonter le taux sanguin, et un peu plus pour que le cheveu suive : un cycle capillaire dure plusieurs mois. Le dosage de contrôle se fait à trois mois.
Rarement sous nos latitudes. D'octobre à mars, le soleil européen est trop bas pour que la peau en fabrique assez. Sur une étude portant sur près de 56 000 Européens, quatre personnes sur dix sont sous 20 ng/mL en moyenne sur l'année, et la part des carences profondes double presque entre l'été et la période d'octobre à mars. Une peau foncée, le travail en intérieur et la protection solaire, par ailleurs indispensable, y contribuent aussi.
Non. Elle fait partie du bilan, aux côtés du fer et de la thyroïde, et corriger un manque enlève un frein. Mais la synthèse la plus récente des compléments dans la calvitie, publiée en 2026, a passé en revue dix-neuf essais et seize compléments : aucun ne portait sur la vitamine D, parce qu'aucun essai n'existe. Elle est une pièce du dossier, pas le traitement.
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Ce qu'il faut retenir

Une personne sur deux qui consulte pour une chute de cheveux manque de vitamine D, et c'est chez les femmes que le lien est le plus net. Le follicule possède un capteur qui commande son redémarrage : la vitamine D en est la clé, et une clé ne sert que s'il en manquait une. D'où la seule règle qui vaille : on dose avant de se supplémenter, jamais l'inverse.

  • Environ 1 personne sur 2 en consultation pour une chute est carencée — et le risque de l'être est multiplié par 3, toutes formes de chute confondues
  • C'est dans la chute féminine que l'écart est le plus marqué, puis dans la pelade ; ailleurs, les synthèses se contredisent
  • Le follicule possède un capteur de la vitamine D qui commande la sortie de la phase de repos
  • Chez des femmes carencées en chute diffuse, trois mois ont fait passer le score de chute de 5,5 à 1,75 sur 6
  • Seule, elle ne suffit pas : c'est en appoint d'un traitement qu'elle apporte quelque chose
  • Repère de laboratoire : au moins 30 ng/mL, et trois mois pour remonter un taux effondré
  • ⚠️ Le piège, c'est l'addition : complément capillaire + multivitamine + flacon séparé
Jeune femme aux longs cheveux bouclés châtain-roux en plein soleil, ciel bleu
La peau fabrique la vitamine D sous l'effet du soleil — insuffisamment sous nos latitudes d'octobre à mars.

1. Pourquoi le cheveu a besoin de vitamine D

Le cheveu ne pousse pas en continu. Il alterne des phases de croissance, qui durent des années, et des phases de repos, au bout desquelles il tombe et laisse place à un nouveau. Ce qui compte, c'est que le follicule sache redémarrer après le repos.

C'est là qu'intervient la vitamine D. Les cellules de la racine possèdent un capteur qui lui est spécifiquement dédié, le récepteur VDR. Quand ce capteur fonctionne, il donne le signal de relance. Quand il fait défaut, le follicule reste en veille.

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Ce que la génétique a démontré

La preuve la plus nette ne vient pas d'un essai clinique mais d'une maladie rare. Les personnes nées avec un récepteur VDR défaillant développent une alopécie complète et définitive — et, détail décisif, leur chute ne répond à aucune dose de vitamine D. La contre-épreuve est tout aussi parlante : des animaux rendus incapables de fabriquer la vitamine D active, donc entièrement privés de la clé, gardent un cycle capillaire normal tant que la serrure est en place. Ce n'est donc pas la vitamine qui commande le cycle du cheveu, c'est son récepteur.

Cette nuance explique beaucoup de choses, et elle invite à la mesure. Elle dit pourquoi corriger une carence peut débloquer une situation — la serrure fonctionne, il manquait la clé. Elle dit aussi pourquoi en prendre davantage quand le taux est déjà normal ne change rien : on ajoute des clés à une serrure déjà ouverte. Et elle explique enfin pourquoi la vitamine D, à elle seule, ne fait pas repousser un cheveu : elle lève un frein, elle n'appuie pas sur l'accélérateur.

2. Ce que montrent les chiffres

Deux grandes synthèses indépendantes ont rassemblé les études publiées sur le sujet, l'une en 2024, l'autre parue la même année en couvrant aussi la littérature chinoise. À elles deux, elles pèsent plus de 100 études et 25 000 personnes. Le constat tient en une phrase : environ une personne sur deux qui consulte pour une chute de cheveux manque de vitamine D, quelle que soit la forme de chute.

~50
%
Des personnes en chute présentent une carence
×3
Le risque de carence, toutes formes de chute confondues
30
ng/mL
Le repère de laboratoire, mesurable par une prise de sang
3
mois
Pour remonter le taux et refaire un contrôle

Un point mérite d'être dit franchement, parce qu'il est presque toujours passé sous silence : ces chiffres montrent une association, pas une cause. On ne sait pas si le manque de vitamine D favorise la chute, si les deux partagent une origine commune, ou si les personnes qui perdent leurs cheveux sortent moins. Les auteurs des synthèses le disent eux-mêmes.

Chez qui le lien est-il le plus solide ?

C'est la question utile, et la réponse est plus nette qu'on ne le lit ailleurs. Le lien est le mieux établi dans la chute féminine : c'est là que l'écart avec les personnes sans chute est le plus grand, et les deux synthèses sont d'accord. La pelade, la forme auto-immune, suit de près.

Pour les deux autres formes, nous préférons le dire plutôt que de trancher à la place des données. Dans la calvitie masculine, les deux synthèses ne concluent pas pareil : l'une trouve un écart significatif, l'autre non. Dans la chute diffuse — celle qui suit un accouchement, un choc, un régime — la carence est pourtant la plus fréquente de toutes, mais l'écart avec les personnes sans chute n'est pas confirmé d'une synthèse à l'autre. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a rien : cela veut dire qu'on ne le sait pas encore.

Pour les curieux — le détail des chiffres

Synthèse 1 (2024, Université Mahidol, Bangkok — indépendante, sans financement industriel) : 81 études, 15 339 personnes en alopécie, bases PubMed, Embase, Scopus et Cochrane jusqu'en septembre 2024. Prévalence de la carence : 53,5 % en chute diffuse, 51,9 % dans la pelade, 50,4 % dans l'alopécie féminine, 47,4 % dans la calvitie masculine, 38,9 % dans les alopécies cicatricielles. Risque de carence multiplié par 2,84 dans la pelade (intervalle 1,89-4,26) et par 5,24 dans l'alopécie féminine (intervalle 1,50-18,33, donc très imprécis). Écart de taux moyen : −8,2 ng/mL dans la pelade, −15,7 ng/mL dans l'alopécie féminine, −5,7 ng/mL en chute diffuse, −2,2 ng/mL non significatif dans la calvitie masculine (intervalle du risque : 0,53 à 36,61, trop large pour conclure). Les auteurs concluent que la différence n'est statistiquement établie que pour la pelade et l'alopécie féminine.

Synthèse 2 (2024, West China Hospital, université du Sichuan — financement public, sans conflit déclaré) : 23 études cas-témoins, 3 374 patients contre 7 296 témoins, avec la base chinoise CNKI en plus. Risque de carence (définie sous 20 ng/mL) multiplié par 3,11 (intervalle 2,29-4,22), avec une hétérogénéité nulle — l'estimation la plus homogène de tout le dossier. Par forme : 3,32 dans la pelade, 4,03 dans l'alopécie féminine, 3,12 en effluvium télogène. Écart de taux global −7,3 ng/mL, mais non significatif en chute diffuse (intervalle allant de −29,6 à +7,8) et significatif dans la calvitie masculine (−7,5 ng/mL), là où la première synthèse ne trouvait rien. Limites reconnues : forte hétérogénéité, 15 études sur 23 comptent moins de 100 participants, et une grande étude américaine trouve l'inverse des autres.

3. Faut-il faire un dosage ?

Oui, et c'est même la seule chose à faire avant toute autre. Pour une raison simple : une carence en vitamine D ne se sent pas. Pas de fatigue caractéristique, pas de signe visible. Seul le dosage sanguin de la 25(OH)D la révèle.

✅ Doser en priorité si
  • Chute féminine diffuse sur le dessus du crâne
  • Chute par plaques rondes
  • Chute installée depuis plus de trois mois
  • Peu d'exposition au soleil, travail en intérieur
  • Régime végétarien, végétalien ou très restrictif
  • Peau foncée sous une latitude nordique
⚠️ Moins utile si
  • Dosage déjà fait il y a moins de six mois
  • Supplémentation en cours et bien suivie
  • Calvitie héréditaire isolée, sans chute diffuse associée

Le dosage ne se demande d'ailleurs pas seul. Un médecin l'associera au fer, au zinc et à la thyroïde — les quatre causes nutritionnelles et hormonales qui reviennent le plus souvent, et qui se corrigent. Une méta-analyse parue en 2026 sur la chute diffuse retrouve d'ailleurs deux anomalies, et deux seulement : la ferritine et la vitamine D.

⚖️

Une objection qu'il faut connaître

En 2024, la société savante américaine d'endocrinologie a publié une recommandation qui déconseille le dosage systématique de la vitamine D chez l'adulte en bonne santé, faute d'essais montrant un bénéfice à dépister tout le monde. Elle ne dit pas l'inverse de cette page : elle parle de personnes sans motif particulier, et précise que ses recommandations ne s'appliquent pas à celles qui ont une raison de doser. Une chute de cheveux installée en est une — c'est précisément ce que concluent les deux synthèses citées plus haut, qui recommandent le dépistage chez ces patients.

Lire son résultat

Les laboratoires utilisent deux unités. En ng/mL : en dessous de 20, c'est une carence ; entre 20 et 30, une insuffisance ; à partir de 30, le taux est correct. En nmol/L, ces seuils deviennent 50 et 75. La normale des laboratoires s'arrête en général vers 80 ng/mL ; la toxicité, elle, s'observe au-delà de 150.

Une précision que nous devons à l'honnêteté : aucun taux « optimal pour le cheveu » n'a été démontré. Les 30 ng/mL sont un repère de laboratoire, hérité de la santé osseuse. Aucune étude n'a comparé des cibles différentes pour mesurer ce que ça change sur une chevelure.

4. Comment corriger un manque

La dose s'adapte au résultat — c'est précisément l'intérêt d'avoir dosé. En entretien, les doses courantes se situent autour de 1 000 à 2 000 UI par jour, ou l'équivalent en prise hebdomadaire ou mensuelle ; ces quantités s'achètent librement. En cas de carence marquée, une dose de charge est parfois nécessaire, et celle-là relève du médecin.

Quelques repères pratiques. La forme D3 est mieux utilisée par l'organisme que la D2. Comme c'est une vitamine grasse, elle s'absorbe mieux au cours d'un repas. Et le contrôle se fait à trois mois : c'est le délai constaté pour remonter un taux effondré.

Ce que ça change, chiffré

C'est la partie qu'on lit rarement, parce qu'il n'existe que deux études sérieuses. La première a suivi quarante femmes en chute diffuse, carencées, traitées trois mois. Le taux sanguin est passé de 13 à 38 ng/mL — et surtout, le score de chute est passé de 5,5 à 1,75 sur 6, avec une amélioration visible au dermoscope. La moitié des participantes se déclaraient très satisfaites.

La seconde est plus sévère, et c'est elle qui donne la juste mesure. Chez quarante-cinq femmes en chute héréditaire réparties au hasard en trois groupes pendant six mois, la vitamine D seule n'a rien changé. Mais ajoutée au minoxidil, elle a fait deux fois mieux que le minoxidil seul sur la proportion de cheveux fins. C'est le mot juste pour cet actif : un appoint, pas un traitement.

Dans les deux cas, la dose utilisée était de 5 000 UI par jour, chez des femmes dont on avait mesuré le taux au départ. Une réserve, et une seule : aucune de ces deux études ne comportait de groupe placebo, et une chute diffuse s'améliore souvent d'elle-même. Raison de plus pour doser d'abord, corriger ensuite, et juger sur pièces à trois mois.

Compléments capillaires
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Pour les curieux — la piste des dérivés appliqués localement

Puisque le récepteur VDR se trouve dans le follicule, pourquoi ne pas l'atteindre directement ? C'est l'idée du calcipotriol, un dérivé de la vitamine D utilisé en dermatologie et disponible sur ordonnance uniquement. Le dossier s'est étoffé : une méta-analyse de 2026 rassemble neuf études et 621 patients, dont sept essais tirés au sort, plusieurs contre placebo — le taux de succès dans la pelade légère à modérée y est d'environ 54 %, sans effet indésirable grave.

Deux essais plus récents encore complètent le tableau. Dans le premier, mené en double aveugle sur 86 patients, le calcipotriol s'est révélé aussi efficace qu'un corticoïde local et nettement mieux toléré — 90 % des patients sans aucun effet indésirable, contre 70 % — avec une repousse plus précoce. Dans le second, ajouté à un corticoïde injecté, il n'a rien apporté de significatif, sauf sur les plaques du cuir chevelu. Et sur les formes totales, où tout le cuir chevelu est atteint, il ne fonctionne pas du tout.

Un dernier résultat, relevé dans la plus ancienne de ces études : la réponse était meilleure chez les patients dont le taux sanguin était le plus bas — cohérent avec tout ce qui précède. C'est un médicament, prescrit et suivi par un dermatologue : nous le décrivons, nous ne le recommandons pas.

5. Le piège du cumul

C'est le risque le plus concret de cette page, et il est mal connu. Le problème n'est pas un produit en particulier : c'est l'addition. Certains compléments capillaires contiennent de la vitamine D sans le mettre en avant — l'un des plus vendus en apporte trois fois l'apport journalier recommandé — et presque toutes les multivitamines en contiennent aussi. Y ajouter un flacon acheté à part, c'est empiler trois sources sans le savoir.

⚠️

Un cas publié en 2025

Une équipe de dermatologie new-yorkaise a rapporté le cas d'une patiente de 72 ans suivie pour une chute diffuse. Son taux de vitamine D atteignait 121,8 ng/mL, pour une normale de laboratoire située entre 30 et 80. L'explication : elle prenait un complément capillaire très diffusé, contenant à lui seul plus de trois fois l'apport journalier recommandé, et y ajoutait 2 000 UI par jour en flacon séparé. Elle ignorait que le complément en contenait. Détail instructif : réduire le flacon n'a presque rien changé — c'est l'arrêt du complément qui a fait baisser le taux, et trois mois plus tard elle n'était pas encore revenue dans la normale.

Un excès de vitamine D n'est pas anodin : il fait monter le calcium sanguin, avec des conséquences possibles sur les reins et le cœur. Et l'ironie de la situation mérite d'être soulignée : certains excès de vitamines aggravent la chute au lieu de l'améliorer, c'est notamment le cas de la vitamine A et du sélénium.

Le même article signale trois effets de bord qu'aucune notice ne met en avant. D'abord la biotine, présente dans presque tous les compléments capillaires : elle fausse les analyses de sang, perturbe les dosages thyroïdiens et les marqueurs cardiaques — au point de pouvoir masquer un infarctus aux urgences. Ensuite l'iode, souvent présent en excès, qui peut dérégler la thyroïde : or un trouble thyroïdien est lui-même une cause classique de chute. Enfin le foie : plusieurs plantes courantes de ces formules — curcuma, ashwagandha, prêle, palmier nain, algues — ont été associées à des atteintes hépatiques, et un cas d'hépatite aiguë a été publié chez une femme de 26 ans.

🧾

Le réflexe à prendre

Avant d'ajouter quoi que ce soit, lisez la composition complète de ce que vous prenez déjà — complément capillaire, multivitamines, compléments prescrits. Additionnez les vitamines D. Et donnez cette liste à votre médecin au moment du dosage : c'est elle qui permet d'interpréter le résultat. Si vous prenez de la biotine, interrompez-la quelques jours avant la prise de sang et signalez-le au laboratoire.

6. Ce que la vitamine D ne fait pas

Trois choses à dire clairement.

Elle n'est pas un actif anti-chute. Elle ne stimule pas la pousse et ne s'oppose pas aux hormones. Elle corrige un manque, et un manque corrigé enlève un frein. La démonstration est nette : la synthèse la plus récente des compléments dans la calvitie, publiée en 2026, a passé en revue dix-neuf essais et seize compléments différents — aucun ne portait sur la vitamine D, faute d'essai à inclure. Elle ne remplace donc ni le minoxidil ni les traitements de fond.

Elle n'agit que s'il y a un manque. Sur un taux normal, une supplémentation n'apporte rien de démontré pour le cheveu — et expose au risque de l'excès.

Elle donne le meilleur d'elle-même en appoint. C'est le fil qui traverse tout ce dossier : seule, elle déçoit ; associée à un traitement qui agit par un autre mécanisme, elle ajoute quelque chose. Corriger une carence pendant qu'on traite la cause de la chute, c'est du bon sens — et pour une fois, c'est mesuré.

Elle ne se juge pas seule. Une chute a le plus souvent plusieurs causes qui s'additionnent. La vitamine D fait partie du bilan ; elle n'en est pas la conclusion.

⚠️

Précautions

Ne jamais entamer une supplémentation à forte dose sans dosage préalable et sans avis médical. Les doses de charge relèvent strictement de la prescription. Signalez tous vos compléments à votre médecin, y compris ceux achetés librement : c'est le cumul qui pose problème, pas un produit en particulier.

Références scientifiques
MÉTA-ANALYSE 2024

Yongpisarn T, Tejapira K, Thadanipon K, Suchonwanit P. Vitamin D deficiency in non-scarring and scarring alopecias: a systematic review and meta-analysis. Front Nutr. 2024;11:1479337.

PMID 39416654
Design : 81 études, 15 339 personnes en alopécie, quatre bases de données jusqu'en septembre 2024, protocole enregistré à l'avance. Qui paie : Université Mahidol (Bangkok), aucun lien commercial ou financier déclaré. Verdict : environ une personne sur deux en chute de cheveux est carencée, toutes formes confondues ; l'écart avec les personnes sans chute n'est statistiquement établi que pour la pelade et l'alopécie féminine. Il s'agit d'une association, pas d'une démonstration de cause à effet — les auteurs le précisent et recommandent un dépistage plutôt qu'une supplémentation systématique.
MÉTA-ANALYSE 2024

Chen Y, Dong X, Wang Y, Li Y, Xiong L, Li L. Serum 25 hydroxyvitamin D in non-scarring alopecia: A systematic review and meta-analysis. J Cosmet Dermatol. 2024;23(4):1131–1140.

PMID 38010941
Design : 23 études cas-témoins, 3 374 patients contre 7 296 témoins, avec la littérature chinoise en plus des bases habituelles. Qui paie : hôpital universitaire de Chengdu, financement public de la recherche, aucun conflit déclaré. Verdict : risque de carence multiplié par 3,11 toutes formes confondues, avec une hétérogénéité nulle — c'est l'estimation la plus homogène du dossier. Diverge de la synthèse précédente sur deux points : elle trouve un écart significatif dans la calvitie masculine, et n'en trouve pas en chute diffuse. Réserves : forte hétérogénéité sur les taux, 15 études sur 23 comptent moins de 100 participants.
ÉTUDE OUVERTE 2023

El-Tatawy RA, Gheida S, Soliman GAM, Ismail M. Oral Vitamin D Treatment in Patients with Telogen Effluvium: Clinical and Dermoscopic Evaluation. Int J Trichology. 2023;15(5):183–190.

PMID 39170090
Design : quarante femmes en chute diffuse contre vingt témoins, vitamine D3 orale 5 000 UI par jour pendant trois mois, en ouvert, sans groupe placebo. Qui paie : Université de Tanta (Égypte), aucun financement, aucun conflit déclaré. Verdict : taux moyen deux fois et demie plus bas chez les femmes en chute (13,3 contre 33,6 ng/mL), remonté à 38,4 ng/mL à trois mois ; le score de chute passe de 5,50 à 1,75 sur 6, avec amélioration au dermoscope, et la moitié des participantes se déclarent très satisfaites. Réserves : pas de placebo, effectif modeste, et 70 % de chutes chroniques installées depuis plus d'un an, qui peuvent s'améliorer spontanément.
ESSAI RANDOMISÉ 2022

Hassan GFR, Sadoma MET, Elbatsh MM, Ibrahim ZA. Treatment with oral vitamin D alone, topical minoxidil, or combination of both in patients with female pattern hair loss. J Cosmet Dermatol. 2022;21(9):3917–3924.

PMID 35001510
Design : 45 femmes en chute héréditaire tirées au sort en trois groupes de quinze, six mois — minoxidil 5 % seul, vitamine D3 orale 5 000 UI par jour seule, ou les deux. Sans groupe placebo. Qui paie : Université de Tanta (Égypte), aucun financement, aucun conflit déclaré. Verdict : la vitamine D seule n'améliore significativement ni l'échelle de Ludwig ni la dermoscopie. Associée au minoxidil, elle fait mieux que le minoxidil seul sur la proportion de cheveux fins (23 % ramenés à 10 %, contre 23 à 17 %) et sur les unités à un seul cheveu. Réserves : effectifs réduits, pas de placebo, et le taux sanguin n'a que faiblement remonté — le bénéfice de l'association n'est donc pas expliqué par le seul rattrapage de la carence.
CAS CLINIQUE 2025

Brinks AL, Needle CD, Kearney C, Shapiro J, Lo Sicco KI. Supratherapeutic vitamin D with a hair nutraceutical: A case report. JAAD Case Rep. 2025;63:115–117.

PMID 40791753
Design : cas clinique unique, avec tableau comparatif des teneurs en vitamines des compléments capillaires et des multivitamines les plus vendus. Qui paie : département de dermatologie de NYU (New York), aucun financement, aucun conflit déclaré. Verdict : patiente de 72 ans à 121,8 ng/mL — pour une normale de 30 à 80 — par cumul d'un complément capillaire et d'une supplémentation séparée, sans qu'elle sache que le complément en contenait. Réduire le flacon n'a pas suffi ; c'est l'arrêt du complément qui a fait baisser le taux. Les auteurs alertent aussi sur la biotine, qui fausse les dosages thyroïdiens et cardiaques, sur l'iode et sur le risque hépatique de plusieurs plantes de ces formules.
DÉRIVÉS TOPIQUES — 3 SOURCES

Alsaati AA, Kaliyadan F, et al. Vitamin D and its analogs in treatment of mild to moderate alopecia areata: systematic review and meta-analysis. Indian Dermatol Online J. 2025;17(1):10–20. — Begum F, et al. Indian Dermatol Online J. 2025;16(2):248–257. — Karat TP, et al. J Cutan Med Surg. 2025;29(4):355–361.

PMID 40814988 PMID 40125043 PMID 39878244
Design : une méta-analyse (9 études, 621 patients, dont 7 essais tirés au sort) et deux essais randomisés postérieurs, l'un en double aveugle sur 86 patients, l'autre contre vaseline sur 73 patients. Qui paie : les trois sont académiques, sans financement industriel ni conflit déclaré. Verdict : dans la pelade légère à modérée, le calcipotriol atteint environ 54 % de succès, fait jeu égal avec un corticoïde local tout en étant mieux toléré, et agit plus vite ; mais ajouté à un corticoïde injecté il n'apporte rien de significatif, et il est inefficace dans les formes totales. À savoir : le calcipotriol est un médicament délivré sur ordonnance, cité ici à titre d'information.